Les promesses, les non-dits et les oublis de Maputo
Beaucoup de choses ont été dites à Maputo et sur les accords concernés, mais nous avons préféré prendre le temps de tirer nos propres conclusions que nous vous livrons ci-après:
Les promesses
L’accord de Maputo devrait, au moins temporairement et pour la majeure partie des mouvement impliqués dans cette crise, apporter un brin d’apaisement; Car on ne peut que féliciter les 4 parties sur leur implication pour arriver à cet entente, avec mention spéciale pour Ravalomanana et Rajoelina, le premier ayant mis ses ambitions politiques personnelles entre parenthèses par patriotisme, le second ayant appliqué son plan de bataille à la lettre, à savoir éjecter politiquement Monja Roindefo (ou au moins l’affaiblir) sans en être principalement responsable, et qui a su lacher du lest quant il le fallait.
Toutefois, le plus important sera l’application de cet accord dans les faits, et vu les institutions transitoires à mettre en route, les négociations promettent d’être tendues.
Les non-dits
Il y a d’abord la question du retour de Ravalomanana conditionné par des “circonstances” à la discrétion des médiateurs, totalement incompréhensible pour un citoyen dûment amnistié; et l’on se demande la contrepartie de ce sacrifice, sur le plan économique notamment.
Il y a également la question des candidatures aux prochaines élections présidentielles; car si d’une part les règles du jeu ne sont pas fixés, les acteurs ayant (contractuellement donc) le droit de se présenter n’est pas connu non plus.
Il y a enfin ce qui est exclusivement au bénéfice des 4 “présidents”, une entente secrète à l’instar des accords “antitrust” entre les principaux acteurs des secteurs économiques, incluant certainement impunité et privilèges, dont l’amnistie commune n’est que la partie visible.
Les oublis
L’accord de Maputo était censé représenter l’accord entre tous les malgaches, n’oublions pas qu’il ne s’agit que d’un accord entre factions politiques rivales; jamais il n’a été questions de revendications populaires, ni même revendications de toutes les mouvances politiques ou même de forces vives.
D’ailleurs, la posture de Monja Roindefo lors du point de presse à l’arrivée de Rajoelina à Ivato en disait long sur son point de vue: étant exclu de l’accord, tout comme Alain Ramaroson ainsi que d’autres gros bras, ces derniers vont à coup sûr se rebiffer en mettant en avant, encore une fois, la pseudo-volonté du peuple.
Maputo est une étape importante pour l’avenir de Madagascar, mais le chemin vers la démocratie reste encore long. Car si les politiciens finissent toujours par s’entendre, le peuple finit toujours par payer les pots cassés…